Sortie FLUMILOG montrant les contours d'effets thermiques autour d'une cellule d'entrepôt

FLUMILOG : l'étude des effets thermiques d'un entrepôt ICPE

FLUMILOG est la méthode de référence pour modéliser les flux thermiques générés par l'incendie d'une cellule d'entrepôt, et en déduire les distances d'effet autour du bâtiment. Elle sert à répondre à une obligation précise, prévue par l'arrêté ministériel du 11 avril 2017 modifié : l'étude des effets thermiques.

Les deux échéances de cette obligation sont aujourd'hui dépassées : le 1er janvier 2023 pour les installations soumises à enregistrement ou à autorisation, le 1er janvier 2026 pour celles soumises à déclaration. Un site concerné qui ne dispose pas de cette étude est en situation de non-conformité.

Qui doit avoir cette étude, et depuis quand

L'obligation ne dépend pas de la taille de l'entrepôt mais de son régime, et les deux dates butoirs sont derrière nous.

RégimeÉchéanceSituation aujourd'hui
Autorisation1er janvier 2023Obligation échue depuis plus de trois ans
Enregistrement1er janvier 2023Obligation échue depuis plus de trois ans
Déclaration1er janvier 2026Obligation échue

L'étude est tenue à la disposition de l'inspection des installations classées et, pour les installations soumises à déclaration, des organismes de contrôle. Autrement dit, pour un site en régime DC, elle est vérifiée lors du contrôle périodique.

Les entrepôts dont le dossier complet est postérieur au 1er janvier 2021 doivent, eux aussi, justifier de l'éloignement des limites de site à la distance des 8 kW/m² — donc produire la même modélisation.

Ce que mesurent les seuils

Les distances d'effet ne se lisent pas à un seuil unique. Les valeurs de référence sont fixées par l'annexe 2 de l'arrêté du 29 septembre 2005, et se déclinent en deux échelles distinctes : une pour les personnes, une pour les structures.

Les effets sur la vie humaine

SeuilEffet sur une personne exposée
3 kW/m²Effets irréversibles — séquelles durables
5 kW/m²Effets létaux
8 kW/m²Effets létaux significatifs

Un incendie d'entrepôt est un phénomène de longue durée : c'est donc le flux thermique permanent qui caractérise l'exposition, et c'est ce que la modélisation calcule.

Les effets sur les structures

SeuilEffet sur les structures
5 kW/m²Destructions de vitres significatives
8 kW/m²Seuil des effets domino, dégâts graves sur les structures
16 kW/m²Exposition prolongée, dégâts très graves hors structures béton
20 kW/m²Limite de tenue du béton pendant plusieurs heures, dégâts très graves sur les structures béton
200 kW/m²Ruine du béton en quelques dizaines de minutes

La valeur de 8 kW/m² occupe une position particulière : c'est à la fois le seuil des effets létaux significatifs pour l'homme et celui des effets domino, c'est-à-dire le flux à partir duquel l'incendie est susceptible de se propager à une installation voisine. C'est ce qui explique qu'elle serve de référence aux limites du site — au-delà, le sinistre cesse d'être une affaire interne.

Comment ces seuils s'appliquent à un entrepôt

CibleSeuil applicable
Limites du site8 kW/m²
Habitations, immeubles habités ou occupés par des tiers, zones destinées à l'habitation, voies de circulation autres que celles nécessaires à la desserte ou à l'exploitation5 kW/m² — effets létaux
Immeubles de grande hauteur, établissements recevant du public, voies ferrées ouvertes au trafic de voyageurs, voies d'eau et bassins, voies routières à grande circulation3 kW/m² — effets irréversibles

La logique est cohérente : plus la cible est vulnérable ou difficile à évacuer, plus le seuil retenu est protecteur, donc plus la distance à respecter est grande. Un immeuble de grande hauteur ou une voie ferrée à voyageurs impose ainsi un éloignement supérieur à celui exigé pour de simples habitations. C'est pourquoi une même modélisation produit trois contours autour du bâtiment, et non un périmètre unique.

Ce que FLUMILOG prend en compte

La méthode, développée par l'INERIS et ses partenaires, calcule les flux thermiques émis par un entrepôt en feu à partir de la description réelle de l'installation. Trois familles de paramètres alimentent le calcul.

  • Les caractéristiques du bâtiment : géométrie de la cellule, hauteur, nature et comportement au feu des parois et de la toiture, présence et dimensionnement du désenfumage, murs séparatifs.
  • La configuration du stockage : mode de stockage — palettier, masse, rack —, hauteur des piles, largeur des allées.
  • La nature des produits susceptibles d'être présents : c'est le paramètre le plus déterminant, et celui qui varie le plus dans le temps.

Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête. Une étude réalisée pour du carton en palettier ne vaut pas pour des polymères ou des aérosols. Sur un actif loué, un changement de preneur peut donc invalider une étude parfaitement à jour sur le plan documentaire.

Ce que l'étude déclenche

L'étude n'est pas un document à produire et à archiver. Elle conduit à un constat, et ce constat enclenche une séquence encadrée par des délais précis.

Si les effets dépassent 8 kW/m² en limite de site

L'exploitant dispose de deux ans après la date d'échéance de l'étude pour agir sur toute cellule de plus de 3 000 m². Deux voies sont ouvertes : installer un système d'extinction automatique d'incendie, ou mettre en place un dispositif séparatif REI 120 réduisant la surface maximale des cellules à 3 000 m², accompagné des dispositifs de désenfumage correspondants.

Le dépassement des murs REI 120 en toiture peut être remplacé par un dispositif équivalent empêchant la propagation d'une cellule à l'autre. La compatibilité avec le comportement au feu de la structure doit être vérifiée, et les justificatifs tenus à disposition de l'inspection. Les cellules frigorifiques à température négative sont exclues de cette obligation.

Si les effets atteignent une zone occupée

Lorsque, malgré ces mesures, des effets supérieurs à 8 kW/m² subsistent hors des limites de propriété et atteignent une zone faisant l'objet d'une occupation permanente, l'exploitant en informe le préfet, en précisant les mesures envisagées et leur échéancier.

Il dispose alors de trois ans à compter de l'échéance de remise de l'étude pour contenir les effets dans les limites du site ou dans des zones sans occupation permanente. Les moyens admis : diminution et réorganisation des stockages, dispositif séparatif EI 120, dispositif de refroidissement, ou tout autre moyen d'efficacité équivalente.

Un dispositif de refroidissement doit être fixe, asservi à la détection automatique d'incendie, et faire l'objet de tests périodiques renouvelés au moins une fois par mois.

Une exception existe : si la zone concernée est incluse dans le périmètre d'une installation classée et qu'un arrêté préfectoral garantit l'absence d'occupation permanente, ces dispositions ne s'appliquent pas.

Le renouvellement quinquennal

C'est le point le moins connu, et il institue une véritable périodicité. Lorsque, après application des mesures précédentes, des effets de plus de 8 kW/m² subsistent au-delà des limites du site, l'exploitant renouvelle l'étude puis les mesures dans un délai maximal de cinq ans après l'échéance de remise de la dernière mise à jour.

La raison en est explicite : il s'agit de prendre en compte l'évolution de la situation autour du site, notamment les arrêtés préfectoraux et les zones d'occupation permanente. Un terrain voisin qui change d'usage, une habitation qui se construit, un arrêté qui tombe — et la conclusion de l'étude n'est plus la même.

Autrement dit : un site dont les effets restent confinés produit une étude et n'y revient qu'en cas de modification. Un site dont les effets débordent entre dans un cycle de révision permanent, tous les cinq ans.

Quand refaire l'étude

Deux régimes coexistent.

Le renouvellement obligatoire tous les cinq ans s'impose aux sites dont les effets thermiques dépassent encore 8 kW/m² au-delà des limites après mise en œuvre des mesures. C'est une périodicité de plein droit, indépendante de toute évolution du site.

Pour les autres, aucune périodicité n'est fixée : ce sont les événements qui commandent la révision, et ils sont plus fréquents qu'on ne le pense sur un actif logistique.

  • un changement de la nature des produits stockés, notamment lors d'un changement de preneur ou de client ;
  • une modification du mode de stockage, de la hauteur des piles ou de la largeur des allées ;
  • des travaux touchant les parois, la toiture, le désenfumage ou les murs séparatifs ;
  • une extension du bâtiment ou une construction nouvelle à proximité ;
  • une évolution de l'environnement du site — nouvelle habitation, nouvelle voie de circulation, changement de zonage.

Ce dernier cas est le plus insidieux : le site n'a pas bougé, mais la cible s'est rapprochée. Une étude qui concluait à des effets confinés peut devenir caduque du fait d'un permis de construire voisin.

L'articulation avec le reste du dossier

L'étude des effets thermiques ne vit pas isolément. Elle conditionne ou dépend de plusieurs autres pièces du dossier ICPE.

  • Les distances d'implantation. Le retrait de 20 mètres par rapport à l'enceinte peut être réduit si l'exploitant justifie que les effets létaux — seuil de 5 kW/m² — restent à l'intérieur du site, au besoin par un dispositif séparatif E120. C'est la modélisation qui apporte cette justification.
  • Le plan de défense incendie. Il se construit à partir des scénarios d'incendie les plus défavorables d'une unique cellule — ceux-là mêmes que la modélisation caractérise.
  • Le dossier de classement au titre de la rubrique 1510, dont l'étude constitue une pièce en cas d'instruction ou d'évolution.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que FLUMILOG ?

C'est une méthode de calcul développée par l'INERIS et ses partenaires, qui modélise les flux thermiques émis par l'incendie d'une cellule d'entrepôt et détermine les distances d'effet autour du bâtiment. Elle sert à répondre à l'obligation d'étude des effets thermiques prévue par l'arrêté du 11 avril 2017.

Mon entrepôt est-il concerné par l'étude des effets thermiques ?

Oui, quel que soit le régime. L'échéance était fixée au 1er janvier 2023 pour les installations soumises à enregistrement ou à autorisation, et au 1er janvier 2026 pour celles soumises à déclaration. Les entrepôts dont le dossier complet est postérieur au 1er janvier 2021 doivent quant à eux justifier de l'éloignement des limites de site à la distance des 8 kW/m², ce qui suppose la même modélisation.

Quelle différence entre les seuils de 3, 5 et 8 kW/m² ?

Ils correspondent à trois niveaux d'effet sur la vie humaine, définis par l'arrêté du 29 septembre 2005 : 3 kW/m² pour les effets irréversibles, 5 kW/m² pour les effets létaux, 8 kW/m² pour les effets létaux significatifs. Sur un entrepôt, le seuil de 8 kW/m² s'applique aux limites du site, celui de 5 kW/m² aux habitations et aux voies de circulation, et celui de 3 kW/m² aux immeubles de grande hauteur, aux établissements recevant du public, aux voies ferrées ouvertes aux voyageurs, aux voies d'eau et aux voies routières à grande circulation.

Que faire si les effets thermiques dépassent les limites du site ?

Deux délais s'appliquent. Dans les deux ans suivant l'échéance de l'étude, toute cellule de plus de 3 000 m² doit recevoir un système d'extinction automatique ou un dispositif séparatif REI 120 ramenant sa surface à 3 000 m². Si des effets supérieurs à 8 kW/m² subsistent ensuite hors des limites et atteignent une zone occupée, l'exploitant en informe le préfet et dispose de trois ans après l'échéance de l'étude pour les contenir.

À quelle fréquence faut-il refaire une étude FLUMILOG ?

Cela dépend du résultat. Si des effets supérieurs à 8 kW/m² subsistent au-delà des limites du site après mise en œuvre des mesures, l'étude et les mesures doivent être renouvelées dans un délai maximal de cinq ans après la dernière mise à jour. Dans les autres cas, aucune périodicité n'est imposée : la révision est déclenchée par les événements — changement de produits stockés, modification du stockage, travaux, extension ou évolution de l'environnement du site.

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MOSAIC Conseil réalise les modélisations FLUMILOG pour les exploitants, les foncières et les gestionnaires d'actifs logistiques, et accompagne leur intégration dans le dossier ICPE : caractérisation des distances d'effet, analyse des interactions avec l'environnement du site, définition des mesures lorsque les effets dépassent les limites, et articulation avec le dimensionnement de la défense incendie selon les référentiels D9 et D9A.

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