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Publié le 10 mars 2026

Groupes extérieurs de climatisation en façade, équipements relevant de la nomenclature ICPE

Quels équipements de votre bâtiment sont des ICPE ?

Un immeuble de bureaux, un centre commercial ou une plateforme logistique peuvent être des installations classées sans qu'aucune activité industrielle n'y soit exercée. La nomenclature ICPE ne classe pas des métiers, elle classe des équipements — et la plupart de ceux qui déclenchent un classement sont des équipements techniques de bâtiment : chaufferie, groupe électrogène, production de froid, tour aéroréfrigérante, bornes de recharge.

Cet article recense les équipements concernés, les seuils applicables et les pièges de calcul qui font qu'un site se découvre classé au moment d'une inspection ou d'une cession.

Pourquoi un bâtiment sans industrie peut être une ICPE

La logique de la nomenclature déroute les gestionnaires d'actifs, parce qu'elle est indifférente à l'usage du bâtiment. Elle s'intéresse à ce qui présente un risque : une puissance de combustion, une quantité de fluide, une puissance de charge.

Conséquence pratique : le classement d'un actif tertiaire ou logistique évolue à chaque campagne de travaux. Remplacer une chaudière, ajouter un groupe froid ou installer des bornes de recharge sont autant d'opérations qui peuvent faire basculer un site.

La chaufferie et les groupes électrogènes

Rubrique 2910 — combustion. Elle vise les appareils consommant des combustibles, ce qui recouvre les chaudières gaz ou fioul et, point souvent oublié, les groupes électrogènes. Le régime dépend d'abord de la nature du combustible, ensuite de la puissance.

2910-A : combustibles courants

Gaz naturel, GPL, biométhane, fioul domestique, fiouls lourds, charbon, biomasse au sens de la rubrique, biogaz de méthanisation classée en 2781-1, esters méthyliques d'acides gras, alcanes issus d'hydrotraitement (HVO).

  • De 1 MW à moins de 20 MW : déclaration avec contrôle périodique.
  • De 20 MW à moins de 50 MW : enregistrement.
  • 50 MW et plus : autorisation, au titre de la rubrique 3110 (directive IED).

Nouveauté de juin 2026 : le décret n° 2026-533 du 23 juin 2026 a intégré certains bioliquides à la liste de la 2910-A — esters méthyliques d'acides gras issus d'huiles végétales, et alcanes obtenus par hydrotraitement d'huiles végétales, d'huiles alimentaires usagées ou de graisses animales. Autrement dit le biodiesel et le HVO. Ces combustibles ne figurant pas auparavant en A relevaient du 2910-B-2, soumis à autorisation dès 0,1 MW. Ils relèvent désormais de la déclaration avec contrôle périodique à partir de 1 MW, et ne sont plus classés entre 0,1 et 1 MW. Le changement est loin d'être formel pour les sites qui décarbonent leurs groupes électrogènes en passant au HVO : la contrainte administrative n'est plus la même.

2910-B : autres combustibles

  • Certaines biomasses issues de déchets, biogaz hors 2910-A, de 1 MW à moins de 50 MW : enregistrement.
  • Tout autre combustible, de 0,1 MW à moins de 50 MW : autorisation.

Ce dernier seuil mérite l'attention : 100 kW suffisent à placer une installation sous autorisation dès lors que le combustible ne figure pas dans les listes du texte. C'est le piège de la 2910.

Deux points déterminants

Le seuil de la 2910-A est passé de 2 à 1 MW le 20 décembre 2018, en transposition de la directive européenne sur les installations de combustion moyennes. Un immeuble équipé d'une chaufferie de 1,5 MW, non classé jusqu'à cette date, l'est devenu. Il pouvait continuer à fonctionner au bénéfice des droits acquis, à condition que l'exploitant se soit fait connaître du préfet avant le 20 décembre 2019 (article L.513-1) ; à défaut, la situation est à régulariser. Les valeurs limites d'émission et le contrôle périodique ne s'appliquent à ces chaudières de 1 à 2 MW qu'à partir du 1er janvier 2030.

Le cumul des puissances n'est pas automatique. La nomenclature retient la somme des puissances des appareils pouvant fonctionner simultanément, fixées et garanties par le constructeur, exprimées en pouvoir calorifique inférieur et susceptibles d'être consommées en marche continue.

Deux conséquences opposées. D'une part, deux chaudières de 600 kW fonctionnant en parallèle placent le site au-dessus du seuil, alors qu'aucune ne l'atteint isolément. D'autre part, un appareil en redondance ou en secours, dont le fonctionnement simultané est exclu par conception ou par asservissement, n'entre pas dans la somme — à condition de pouvoir le démontrer. C'est un point déterminant pour le classement d'une chaufferie, et il se justifie par les documents de l'installation, pas par une déclaration d'intention.

L'obligation de déclaration MCP, et l'échéance de 2028

Une obligation distincte du classement se superpose à la rubrique 2910.

La directive européenne 2015/2193 sur les installations de combustion moyennes, transposée par le décret n° 2018-1161 du 18 décembre 2018, impose aux exploitants d'installations comprises entre 1 et 50 MW de transmettre à l'administration une série de données techniques. Le dispositif figure aux articles R.515-113 à R.515-116 du code de l'environnement, ses modalités dans l'arrêté du 2 janvier 2019.

Ce n'est ni une déclaration ICPE, ni un contrôle périodique : c'est un recueil de données alimentant un registre public, destiné au suivi européen des émissions de dioxyde de soufre, d'oxydes d'azote, de poussières et de monoxyde de carbone.

Ce qu'il faut transmettre :

  • la puissance thermique nominale de l'installation, en MW thermiques ;
  • la date de début d'exploitation ou, si elle est inconnue, la preuve d'un démarrage antérieur au 20 décembre 2018 ;
  • le nombre d'heures d'exploitation annuelles prévu et la charge moyenne en service ;
  • le type d'installation, les combustibles utilisés et leur proportion, ainsi que le code NACE de l'activité ;
  • le cas échéant, l'engagement de ne pas dépasser 500 heures de fonctionnement par an.

Les échéances de déclaration

Les échéances, fixées à l'article R.515-114 pour les installations mises en service avant le 20 décembre 2018 :

  • Plus de 5 MW : 31 décembre 2023, échéance dépassée.
  • De 1 à 5 MW : 31 décembre 2028.

Pour toute autre installation, la déclaration intervient avant l'autorisation, l'enregistrement ou la déclaration ICPE.

Deux remarques pratiques. La première échéance est passée : un site de plus de 5 MW qui n'a pas déclaré est en situation d'écart depuis plus de deux ans. La seconde concerne le gros du parc tertiaire — c'est dans la tranche 1 à 5 MW que se situent de nombreuses chaufferies d'immeubles, et l'échéance de 2028 approche.

La déclaration se fait en ligne, sur le portail des démarches simplifiées de l'État, et doit être effectuée pour chaque installation de combustion moyenne présente dans l'enceinte du site. Elle est également à actualiser avant toute modification susceptible d'avoir une incidence sur les valeurs limites d'émission applicables. Le contenu et les échéances figurent à l'article R.515-114 du code de l'environnement, les modalités de transmission dans l'arrêté du 2 janvier 2019.

La production de froid et la climatisation

Deux rubriques distinctes peuvent s'appliquer, selon la technologie.

Les fluides frigorigènes : rubrique 1185

La rubrique vise les gaz à effet de serre fluorés et les substances appauvrissant la couche d'ozone. Le sous-classement 1185-2-a concerne l'emploi de ces fluides dans des équipements frigorifiques ou climatiques clos en exploitation, « y compris pompe à chaleur » selon le libellé même de la rubrique — c'est-à-dire les groupes froid, les installations de climatisation et les PAC.

Le seuil est fixé à 300 kg de fluide cumulés dans des équipements de plus de 2 kg de charge unitaire, en régime de déclaration avec contrôle périodique. Sur un centre commercial, un site frigorifique ou un immeuble de bureaux de grande taille, cette quantité est atteinte sans difficulté.

Une source de confusion mérite d'être signalée : cette rubrique a porté le numéro 4802 de 2015 à 2018, avant de redevenir 1185 avec le décret n° 2018-900. Beaucoup de documents techniques, de rapports d'audit et de bases internes citent encore l'ancien numéro. Si vous cherchez « ICPE 4802 », c'est la 1185 qu'il faut consulter.

À ne pas confondre avec les obligations de contrôle d'étanchéité issues du règlement européen F-Gas, qui s'expriment en tonnes équivalent CO₂ et s'appliquent bien en deçà du seuil de classement ICPE.

Les tours aéroréfrigérantes : rubrique 2921

La rubrique couvre les installations de refroidissement évaporatif par dispersion d'eau dans un flux d'air — tours aéroréfrigérantes, aéroréfrigérants mixtes ou hybrides combinant fonctionnement évaporatif et sec ou adiabatique.

  • Moins de 3 000 kW : déclaration avec contrôle périodique (2921-1-b).
  • 3 000 kW et plus : enregistrement (2921-1-a).

C'est la rubrique la plus sensible du lot, parce qu'elle porte un risque sanitaire direct : la légionellose. Ses prescriptions ont été durcies après les épidémies du début des années 2000 ; elles imposent une surveillance de Legionella pneumophila avec des seuils d'action, dont 1 000 UFC par litre, et la traçabilité des analyses. Une tour aéroréfrigérante non déclarée est un écart lourd.

Décarbonation : la pompe à chaleur ne fait pas sortir du champ ICPE

Le remplacement des chaudières gaz par des pompes à chaleur est aujourd'hui une cause fréquente de modification des installations techniques du parc tertiaire et logistique. Il produit un effet contre-intuitif sur le classement.

Une pompe à chaleur n'est pas un appareil de combustion : elle ne relève donc pas de la rubrique 2910. Un site dont la chaufferie de 2 MW disparaît au profit de PAC sort effectivement de cette rubrique — mais il n'en sort pas nécessairement du champ ICPE.

Le classement se déplace plutôt qu'il ne disparaît. Une PAC contient du fluide frigorigène. Si la charge cumulée des équipements clos de plus de 2 kg du site atteint 300 kg, la rubrique 1185-2-a s'applique, avec son contrôle périodique. Et si la solution retenue comporte un refroidissement adiabatique ou évaporatif, la rubrique 2921 entre dans le champ, avec les obligations légionelles associées.

Le cas des fluides naturels mérite une vérification à part : l'ammoniac, le propane ou le CO₂ ne sont pas des gaz à effet de serre fluorés et échappent donc à la 1185. L'ammoniac et le propane relèvent de leurs propres rubriques de substances dangereuses selon les quantités ; le CO₂ n'est pas classé à ce titre.

Deux réflexes à avoir avant de lancer un projet de décarbonation :

  • Refaire le classement du site avant travaux, pas après. La sortie d'une rubrique et l'entrée dans une autre se préparent, et peuvent nécessiter un porter-à-connaissance auprès du préfet.
  • Ne pas considérer la sortie de la 2910 comme automatique. Cesser une activité classée suppose une démarche administrative ; tant qu'elle n'est pas faite, l'arrêté préfectoral et ses prescriptions continuent de s'appliquer formellement au site.

Bornes de recharge VL et PL : le sujet qui bascule le plus vite

L'électrification des flottes fait de la rubrique 2925 — ateliers de charge d'accumulateurs électriques un motif de classement de plus en plus fréquent sur les actifs logistiques et tertiaires. Elle distingue deux régimes selon la technologie :

  • 2925-1, avec dégagement d'hydrogène (batteries au plomb) : déclaration au-delà de 50 kW.
  • 2925-2, sans dégagement d'hydrogène (lithium-ion) : déclaration au-delà de 600 kW de puissance maximale de courant utilisable.

Les bornes non ouvertes au public — salariés, flotte, visiteurs sur badge — relèvent de la 2925-2, et leurs puissances s'additionnent à celles des chargeurs de chariots lithium-ion du site. En recharge poids lourds, à 150 à 350 kW par point, deux à quatre bornes suffisent à franchir le seuil. Sur un site déjà classé, l'ajout de bornes est une modification à porter à la connaissance du préfet.

Champ exact, mode de calcul, cas des parkings extérieurs et des chariots au plomb : voir notre article Rubrique ICPE 2925 : ateliers de charge, bornes de recharge et seuils de classement.

Panneaux photovoltaïques : pas une rubrique, mais des prescriptions

Installer des panneaux photovoltaïques ne classe pas un bâtiment : il n'existe pas de rubrique ICPE pour le photovoltaïque. En revanche, dès lors que ces équipements sont implantés au sein d'une installation déjà classée, ils déclenchent des obligations spécifiques.

Quelles installations sont concernées

La section V de l'arrêté du 4 octobre 2010, créée par l'arrêté du 25 mai 2016 et modifiée en 2022, fixe les prescriptions applicables aux équipements photovoltaïques positionnés en toiture, en façade ou au sol.

Son champ n'est pas universel. Elle vise les équipements implantés au sein d'une installation classée soumise à autorisation, à l'exclusion des installations relevant des rubriques d'élevage 2101 à 2150 et 3660. Elle ne s'applique pas lorsqu'une analyse montre que les équipements ne présentent aucun impact notable pour l'installation classée.

Pour les installations soumises à enregistrement ou à déclaration — notamment les entrepôts relevant de la rubrique 1510 — l'arrêté du 5 février 2020 impose des prescriptions comparables aux panneaux posés en toiture (annexe I), hors élevages. Les ombrières séparées des bâtiments par un espace à ciel ouvert de plus de 10 mètres n'y sont pas soumises. Un entrepôt 1510 relève donc de l'un ou l'autre texte selon son régime, et la vérification porte sur tous les régimes, en fonction de l'implantation des panneaux et de la date du projet.

Ce que cela implique concrètement

  • Un porter-à-connaissance préalable. L'implantation d'équipements photovoltaïques sur une ICPE constitue une modification de l'installation, à porter à la connaissance du préfet — accompagnée, pour un site autorisé, d'une analyse de l'incidence sur l'étude de dangers démontrant la compatibilité avec les activités du site.
  • Des exigences de sécurité électrique et incendie portant notamment sur les dispositifs de coupure, accessibles en toutes circonstances y compris aux services de secours, et à coupure omnipolaire et simultanée. Ces obligations de coupure s'appliquent aux projets portés à connaissance depuis le 1er septembre 2022.
  • Une information des services de secours : signalisation des équipements et des cheminements de câbles, plans signalant les panneaux et les organes de coupure tenus à la disposition du SDIS. Sur un site doté d'un plan de défense incendie, celui-ci est à mettre à jour.

Point de vigilance : les projets photovoltaïques sont pilotés par les directions immobilières ou énergie, rarement par les responsables HSE, et le volet ICPE se découvre au moment de l'inspection.

Les équipements qu'on oublie

  • La cuve de fioul alimentant la chaufferie ou le groupe électrogène, qui relève de la rubrique 4734 (produits pétroliers spécifiques), en déclaration avec contrôle périodique à partir de 50 tonnes au total.
  • La station de distribution de carburant interne, fréquente sur les bases logistiques pour les poids lourds et les engins, qui relève de la rubrique 1435 : déclaration avec contrôle périodique au-delà de 100 m³ d'essence ou 500 m³ de carburant au total distribués par an, enregistrement au-delà de 20 000 m³.
  • Les compresseurs, qui relevaient de la rubrique 2920 jusqu'à sa suppression par le décret n° 2018-900, applicable au 25 octobre 2018. Ils ne classent plus par eux-mêmes, mais d'anciens arrêtés préfectoraux les mentionnent encore — un écart apparent qui n'en est pas un, et qui mérite d'être clarifié lors d'un audit.

Ce que ça change pour un propriétaire ou un gestionnaire

Découvrir un classement n'est pas un incident administratif isolé. Cela déclenche une chaîne d'obligations : déclaration ou dossier d'enregistrement, respect d'un arrêté de prescriptions générales, contrôles périodiques pour les rubriques en régime DC, tenue d'un dossier ICPE, déclaration des accidents et incidents.

Trois conséquences concrètes pour un actif immobilier :

  • En exploitation, un contrôle périodique non réalisé sur une rubrique DC est un écart, notamment lorsque le classement du site n'était pas connu.
  • En travaux, une modification d'équipement peut nécessiter un porter-à-connaissance préalable, voire une nouvelle procédure.
  • En cession, un équipement classé non déclaré découvert en audit acquéreur se traduit par une provision de mise en conformité et un décalage de closing.

Qui, du bailleur ou du preneur, est l'exploitant de l'équipement classé ? Celui que l'inspection identifie comme tel. Sur un entrepôt mono-locataire, c'est le plus souvent le preneur ; sur un site multi-locataires, en général le bailleur. Le bail fixe la répartition. Voir notre article Exploitant ICPE : bailleur ou preneur.

Questions fréquentes

Une chaufferie d'immeuble est-elle une ICPE ?

Oui, dès que la puissance thermique nominale totale des appareils de combustion atteint 1 MW pour les combustibles courants. Entre 1 et 20 MW, l'installation relève de la déclaration avec contrôle périodique au titre de la rubrique 2910-A. Le seuil descend à 0,1 MW, sous le régime de l'autorisation, pour les combustibles ne figurant pas dans les listes de la rubrique.

Faut-il additionner la puissance de tous mes appareils de combustion ?

Uniquement celle des appareils pouvant fonctionner simultanément, sur la base des puissances fixées et garanties par le constructeur. Un appareil en redondance ou en secours, dont le fonctionnement simultané est exclu par conception ou par asservissement, n'entre pas dans la somme — à condition de pouvoir le justifier par les documents de l'installation.

Qu'est-ce que la déclaration MCP et qui est concerné ?

C'est une obligation de transmission de données, distincte du classement ICPE, issue de la directive européenne 2015/2193 et des articles R.515-113 à R.515-116 du code de l'environnement. Elle concerne les installations de combustion de 1 à 50 MW. Pour les installations existantes de 1 à 5 MW, l'échéance est fixée au 31 décembre 2028 ; celle des installations de plus de 5 MW, au 31 décembre 2023, est déjà passée.

Un groupe froid ou une climatisation peuvent-ils classer un bâtiment ?

Oui, au titre de la rubrique 1185-2-a, dès 300 kg de fluide frigorigène cumulés dans des équipements clos de plus de 2 kg de charge unitaire. Le régime est celui de la déclaration avec contrôle périodique. Cette rubrique a porté le numéro 4802 de 2015 à 2018, ce qui explique que d'anciens documents la désignent ainsi.

Mes bornes de recharge me rendent-elles ICPE ?

Oui, au-delà de 600 kW de puissance de charge cumulée, au titre de la rubrique 2925-2, pour les bornes non ouvertes au public (salariés, flotte de l'entreprise). Le seuil est vite atteint en recharge poids lourds, et les chargeurs de chariots lithium-ion s'additionnent aux bornes. Détails dans notre article sur la rubrique 2925.

Remplacer une chaudière gaz par une pompe à chaleur fait-il sortir du classement ICPE ?

Pas nécessairement. Une pompe à chaleur n'est pas un appareil de combustion et ne relève donc pas de la rubrique 2910. Mais sa charge en fluide frigorigène peut faire entrer le site dans la rubrique 1185-2-a au-delà de 300 kg, et un dispositif de refroidissement évaporatif dans la rubrique 2921. Le classement se déplace plus souvent qu'il ne disparaît.

Un groupe électrogène au HVO relève-t-il de la rubrique 2910 ?

Oui. Depuis le décret n° 2026-533 du 23 juin 2026, les alcanes obtenus par hydrotraitement d'huiles végétales, d'huiles alimentaires usagées ou de graisses animales figurent parmi les combustibles de la rubrique 2910-A. Le classement intervient donc à partir de 1 MW de puissance thermique nominale totale, sous le régime de la déclaration avec contrôle périodique — et non plus dès 0,1 MW sous le régime de l'autorisation.

Faut-il déclarer des panneaux photovoltaïques au titre des ICPE ?

Il n'existe pas de rubrique ICPE pour le photovoltaïque : les panneaux ne classent pas un bâtiment. En revanche, installés au sein d'une installation déjà classée, ils relèvent de la section V de l'arrêté du 4 octobre 2010 pour les ICPE soumises à autorisation, ou de l'arrêté du 5 février 2020 pour les panneaux en toiture des ICPE à enregistrement ou à déclaration, entrepôts 1510 compris. Leur implantation constitue une modification à porter à la connaissance du préfet, et les services de secours doivent disposer des plans signalant les panneaux et les organes de coupure.

Qu'est-ce qu'une rubrique en régime DC ?

C'est une rubrique soumise à déclaration avec contrôle périodique : les formalités et prescriptions sont celles du régime de déclaration, mais un organisme agréé doit contrôler l'installation tous les cinq ans, délai porté à dix ans pour un site certifié ISO 14001 par un organisme accrédité. Les rubriques 2910-A-2, 1185-2-a et 2921-1-b en relèvent.

Comment savoir si mon site est déjà déclaré ?

Le premier réflexe n'est pas Géorisques mais le dossier ICPE du site : récépissé ou preuve de dépôt de déclaration, arrêté préfectoral d'enregistrement ou d'autorisation. C'est le titre d'exploitation qui fait foi. La base Géorisques recense principalement les installations soumises à autorisation et à enregistrement ; les installations à déclaration y sont rarement présentes. Une absence dans Géorisques ne signifie donc pas qu'un site n'est pas classé. Certaines préfectures publient sur leur site départemental une liste des établissements soumis à déclaration, mais la pratique est inégale et rarement exhaustive. En l'absence de document, la voie sûre reste d'interroger le service en charge des installations classées de la préfecture de département, ou la DREAL de la région.

Faire le point sur le classement de vos actifs

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Chris Bux, fondateur de MOSAIC Conseil

Chris Bux · Fondateur de MOSAIC Conseil

Ingénieur en génie chimique, spécialisé en Maîtrise des Risques Industriels aux Mines de Paris, il accompagne les exploitants et les propriétaires de sites industriels et logistiques dans leur conformité réglementaire.

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