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Publié le 14 avril 2026

Sortie FLUMILOG montrant les contours d'effets thermiques autour d'une cellule d'entrepôt

FLUMILOG : l'étude des effets thermiques d'un entrepôt ICPE

FLUMILOG est la méthode de référence pour modéliser les flux thermiques générés par l'incendie d'une cellule d'entrepôt, et en déduire les distances d'effet autour du bâtiment. Elle sert à répondre à une obligation précise, prévue par l'arrêté ministériel du 11 avril 2017 modifié : l'étude des effets thermiques prévue à son annexe VIII.

Les deux échéances de cette obligation sont aujourd'hui dépassées : le 1er janvier 2023 pour les installations soumises à enregistrement ou à autorisation, le 1er janvier 2026 pour celles soumises à déclaration. Un site concerné qui ne dispose pas de cette étude est en situation de non-conformité.

Qui doit avoir cette étude, et depuis quand

L'obligation ne dépend pas de la taille de l'entrepôt mais de son régime et de son ancienneté. Les deux échéances de remise de l'étude sont passées ; celles des mesures courent encore en déclaration.

  • Enregistrement et autorisation : étude au 1er janvier 2023, mesures à deux ans au 1er janvier 2025, mesures à trois ans au 1er janvier 2026.
  • Déclaration : étude au 1er janvier 2026, mesures à deux ans au 1er janvier 2028, mesures à trois ans au 1er janvier 2029.

Les dates des mesures se déduisent des délais fixés par l'annexe VIII, décrits plus bas.

En enregistrement et en autorisation, sont concernés les entrepôts existants et ceux dont le dossier complet a été déposé avant le 1er janvier 2021 ; les plus récents respectent directement la distance de 8 kW/m² dès leur implantation. En déclaration, seuls deux cas le sont : les entrepôts déclarés ou mis en service avant le 30 avril 2009 dont les parois des cellules sont à moins de 20 mètres des limites du site, et ceux devenus classés par le décret n° 2020-1169 du 24 septembre 2020.

L'étude est tenue à la disposition de l'inspection des installations classées et, pour les installations soumises à déclaration, des organismes de contrôle. Autrement dit, pour un site en régime DC, elle est vérifiée lors du contrôle périodique, et son absence est classée non-conformité majeure par la grille de contrôle de l'arrêté.

Ce que mesurent les seuils

Les distances d'effet ne se lisent pas à un seuil unique. Les valeurs de référence sont fixées par l'annexe 2 de l'arrêté du 29 septembre 2005, et se déclinent en deux échelles distinctes : une pour les personnes, une pour les structures.

Les effets sur la vie humaine

  • 3 kW/m² : effets irréversibles, séquelles durables.
  • 5 kW/m² : effets létaux.
  • 8 kW/m² : effets létaux significatifs.

Un incendie d'entrepôt est un phénomène de longue durée : c'est donc le flux thermique permanent qui caractérise l'exposition, et c'est ce que la modélisation calcule.

Les effets sur les structures

  • 5 kW/m² : destructions de vitres significatives.
  • 8 kW/m² : seuil des effets domino, dégâts graves sur les structures.
  • 16 kW/m² : exposition prolongée, dégâts très graves hors structures béton.
  • 20 kW/m² : limite de tenue du béton pendant plusieurs heures, dégâts très graves sur les structures béton.
  • 200 kW/m² : ruine du béton en quelques dizaines de minutes.

La valeur de 8 kW/m² occupe une position particulière : c'est à la fois le seuil des effets létaux significatifs pour l'homme et celui des effets domino, c'est-à-dire le flux à partir duquel les effets sur les installations voisines doivent être examinés.

Comment ces seuils s'appliquent à un entrepôt

Ces distances sont celles du point 2.I de l'annexe II, applicable aux entrepôts à enregistrement et à autorisation. Le seuil de 8 kW/m² en limite de site n'y figure comme règle d'implantation que pour les installations dont le dossier complet a été déposé après le 1er janvier 2021 ; pour les entrepôts existants, il intervient au travers de l'étude imposée par l'annexe VIII. En déclaration, la règle est un recul d'au moins 1,5 fois la hauteur, sans être inférieur à 20 mètres.

  • Limites du site : 8 kW/m².
  • Habitations, immeubles habités ou occupés par des tiers, zones destinées à l'habitation, voies de circulation autres que celles nécessaires à la desserte ou à l'exploitation : 5 kW/m², effets létaux.
  • Immeubles de grande hauteur, établissements recevant du public (hors ceux nécessaires au fonctionnement de l'entrepôt), voies ferrées ouvertes au trafic de voyageurs, voies d'eau et bassins (hors bassins de rétention ou d'infiltration et réserves incendie), voies routières à grande circulation : 3 kW/m², effets irréversibles.

Plus la cible est vulnérable ou difficile à évacuer, plus le seuil retenu est protecteur, donc plus la distance à respecter est grande. Un immeuble de grande hauteur ou une voie ferrée à voyageurs impose ainsi un éloignement supérieur à celui exigé pour de simples habitations. C'est pourquoi une même modélisation produit trois contours autour du bâtiment, et non un périmètre unique.

Ce que FLUMILOG prend en compte

FLUMILOG est l'outil de calcul de référence, porté par l'Ineris avec ses partenaires Efectis France, le CTICM et le CNPP, pour répondre à une question simple : si une cellule de l'entrepôt prend feu, jusqu'où la chaleur de l'incendie devient-elle dangereuse ?

Le logiciel trace autour du bâtiment des zones d'effets, c'est-à-dire des distances au-delà desquelles la chaleur reste supportable pour une personne ou une structure. Le calcul se fait cellule par cellule, en considérant qu'une seule brûle à la fois, et à hauteur d'homme (ou à la hauteur de ce qui est exposé, un bâtiment voisin par exemple).

Ces distances déterminent si les effets d'un incendie restent dans les limites du site ou débordent chez les voisins, sur une voie publique ou un autre bâtiment. Pour un propriétaire ou un exploitant, c'est ce résultat qui conditionne l'autorisation du site, les activités possibles et parfois des travaux (mur coupe-feu, réduction des hauteurs de stockage).

La réglementation impose FLUMILOG pour la grande majorité des entrepôts. Seuls les bâtiments aux dimensions hors normes nécessitent une étude sur mesure. Le résultat dépend de trois familles de paramètres.

  • Les caractéristiques du bâtiment : géométrie de la cellule, hauteur, nature et comportement au feu des parois et de la toiture, présence et dimensionnement du désenfumage, murs séparatifs.
  • La configuration du stockage : mode de stockage — palettier, masse, rack —, hauteur des piles, largeur des allées.
  • La nature des produits susceptibles d'être présents : c'est le paramètre le plus déterminant, et celui qui varie le plus dans le temps.

L'étude doit retenir les matières susceptibles d'être stockées, et pas seulement celles présentes le jour du calcul. Une étude limitée au carton en palettier ne couvre pas un preneur qui stocke des polymères ou des aérosols. Sur un actif loué, un changement de preneur peut donc invalider une étude parfaitement à jour sur le plan documentaire.

La version de l'outil compte

L'outil évolue, et ses résultats avec lui. Les rapports d'étude le signalent eux-mêmes : un calcul refait avec une version ultérieure peut aboutir à des distances différentes. Avant de comparer deux études du même site, que ce soit lors d'un renouvellement quinquennal, d'une acquisition ou d'un changement de preneur, il faut donc vérifier la version utilisée de part et d'autre. Une distance qui augmente ne traduit pas forcément une dégradation du site, et une distance qui diminue n'est pas forcément une amélioration.

Ce que l'étude déclenche

L'étude conduit à un constat, et ce constat enclenche une séquence encadrée par des délais précis.

Si les effets dépassent 8 kW/m² en limite de site

L'exploitant dispose de deux ans après la date d'échéance de l'étude pour agir sur toute cellule de plus de 3 000 m². Deux voies sont ouvertes : installer un système d'extinction automatique d'incendie, ou mettre en place un dispositif séparatif REI 120 réduisant la surface maximale des cellules à 3 000 m², accompagné des dispositifs de désenfumage correspondants.

Le dépassement des murs REI 120 en toiture peut être remplacé par un dispositif équivalent empêchant la propagation d'une cellule à l'autre. La compatibilité avec le comportement au feu de la structure doit être vérifiée, et les justificatifs tenus à disposition de l'inspection. Les cellules frigorifiques à température négative sont exclues de cette obligation.

Si les effets atteignent une zone occupée en permanence

Lorsque, malgré ces mesures, des effets supérieurs à 8 kW/m² subsistent hors des limites de propriété et atteignent une zone faisant l'objet d'une occupation permanente, l'exploitant en informe le préfet, en précisant les mesures envisagées et leur échéancier.

Au sens de l'annexe VIII, une zone est sans occupation humaine permanente si elle ne compte ni établissement recevant du public, ni habitation, ni local de travail permanent, ni voie routière de plus de 5 000 véhicules par jour, et si les constructions nouvelles y sont interdites.

Il dispose alors de trois ans à compter de l'échéance de remise de l'étude pour contenir les effets dans les limites du site ou dans des zones sans occupation permanente. Les moyens admis : diminution et réorganisation des stockages, dispositif séparatif EI 120, dispositif de refroidissement, ou tout autre moyen d'efficacité équivalente.

Un dispositif de refroidissement doit être fixe, asservi à la détection automatique d'incendie, et faire l'objet de tests périodiques renouvelés au moins une fois par mois.

Une exception existe : si la zone concernée est incluse dans le périmètre d'une installation classée et qu'un arrêté préfectoral garantit l'absence d'occupation permanente, ces dispositions ne s'appliquent pas.

Le renouvellement quinquennal

Ce point institue une véritable périodicité. Lorsque, après application des mesures précédentes, des effets de plus de 8 kW/m² subsistent au-delà des limites du site, l'exploitant renouvelle l'étude puis les mesures dans un délai maximal de cinq ans après l'échéance de remise de la dernière mise à jour.

La raison en est explicite : il s'agit de prendre en compte l'évolution de la situation autour du site, notamment les arrêtés préfectoraux et les zones d'occupation permanente. Un changement d'usage d'un terrain voisin, une construction nouvelle ou un nouvel arrêté préfectoral peuvent modifier la conclusion de l'étude.

Autrement dit : un site dont les effets restent confinés produit une étude et n'y revient qu'en cas de modification. Un site dont les effets débordent entre dans un cycle de révision permanent, tous les cinq ans.

Quand refaire l'étude

Deux régimes coexistent.

Le renouvellement quinquennal, décrit ci-dessus, concerne les sites dont les effets dépassent encore 8 kW/m² au-delà des limites après mise en œuvre des mesures.

Pour les autres, l'annexe VIII ne fixe aucune périodicité. En pratique, toute modification notable des stockages, du bâtiment ou de l'environnement rend l'étude inexacte, et une modification de l'installation doit être portée à la connaissance du préfet. Les événements à surveiller :

  • un changement de la nature des produits stockés, notamment lors d'un changement de preneur ou de client ;
  • une modification du mode de stockage, de la hauteur des piles ou de la largeur des allées ;
  • des travaux touchant les parois, la toiture, le désenfumage ou les murs séparatifs ;
  • une extension du bâtiment ou une construction nouvelle à proximité ;
  • une évolution de l'environnement du site — nouvelle habitation, nouvelle voie de circulation, changement de zonage.

Dans ce dernier cas, le site n'a pas changé, mais son environnement oui. Une étude qui concluait à des effets confinés peut devenir caduque du fait d'un permis de construire voisin.

L'articulation avec le reste du dossier

L'étude des effets thermiques ne vit pas isolément. Elle conditionne ou dépend de plusieurs autres pièces du dossier ICPE.

  • Les distances d'implantation. Le retrait de 20 mètres par rapport à l'enceinte peut être réduit si l'exploitant justifie que les effets létaux — seuil de 5 kW/m² — restent à l'intérieur du site, au besoin par un dispositif séparatif E120. En déclaration, le recul est d'au moins 1,5 fois la hauteur, sans être inférieur à 20 mètres, et sa réduction suppose à la fois un dispositif séparatif E120 et cette justification. C'est la modélisation qui l'apporte.
  • Le plan de défense incendie. Il se construit à partir des scénarios d'incendie les plus défavorables d'une unique cellule — ceux-là mêmes que la modélisation caractérise.
  • Les dossiers d'enregistrement, d'autorisation ou de porter-à-connaissance au titre de la rubrique 1510, auxquels l'étude est jointe.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que FLUMILOG ?

C'est une méthode de calcul développée par l'INERIS et ses partenaires, qui modélise les flux thermiques émis par l'incendie d'une cellule d'entrepôt et détermine les distances d'effet autour du bâtiment. Elle sert à répondre à l'obligation d'étude des effets thermiques prévue par l'arrêté du 11 avril 2017.

Mon entrepôt est-il concerné par l'étude des effets thermiques ?

En enregistrement et en autorisation, oui, dans tous les cas. Pour un entrepôt récent, les distances d'effets thermiques sont calculées dès le dossier, car elles conditionnent l'implantation du bâtiment. Pour un entrepôt existant ou dont le dossier complet a été déposé avant le 1er janvier 2021, l'étude devait être réalisée avant le 1er janvier 2023. En déclaration, seuls deux cas sont visés : les entrepôts déclarés ou mis en service avant le 30 avril 2009 dont les parois des cellules sont à moins de 20 mètres des limites du site, et ceux devenus classés par le décret n° 2020-1169 du 24 septembre 2020. L'échéance était le 1er janvier 2026.

Quelle différence entre les seuils de 3, 5 et 8 kW/m² ?

Ils correspondent à trois niveaux d'effet sur la vie humaine, définis par l'arrêté du 29 septembre 2005 : 3 kW/m² pour les effets irréversibles, 5 kW/m² pour les effets létaux, 8 kW/m² pour les effets létaux significatifs. Pour les entrepôts à enregistrement et à autorisation, le point 2.I de l'annexe II retient 8 kW/m² aux limites du site (comme règle d'implantation pour les dossiers déposés après le 1er janvier 2021, au travers de l'étude de l'annexe VIII pour les autres), 5 kW/m² aux habitations et aux voies de circulation, et 3 kW/m² aux immeubles de grande hauteur, aux établissements recevant du public, aux voies ferrées ouvertes aux voyageurs, aux voies d'eau et aux voies routières à grande circulation.

Que faire si les effets thermiques dépassent les limites du site ?

Deux délais s'appliquent. Dans les deux ans suivant l'échéance de l'étude, toute cellule de plus de 3 000 m² doit recevoir un système d'extinction automatique ou un dispositif séparatif REI 120 ramenant sa surface à 3 000 m². Si des effets supérieurs à 8 kW/m² subsistent ensuite hors des limites et atteignent une zone faisant l'objet d'une occupation permanente, l'exploitant en informe le préfet et dispose de trois ans après l'échéance de l'étude pour les contenir.

À quelle fréquence faut-il refaire une étude FLUMILOG ?

Cela dépend du résultat. Si des effets supérieurs à 8 kW/m² subsistent au-delà des limites du site après mise en œuvre des mesures, l'étude et les mesures doivent être renouvelées dans un délai maximal de cinq ans après la dernière mise à jour. Dans les autres cas, aucune périodicité n'est imposée, mais l'étude devient inexacte en cas de modification — changement de produits stockés, modification du stockage, travaux, extension ou évolution de l'environnement du site.

Une étude FLUMILOG reste-t-elle valable après un changement de preneur ?

Pas nécessairement. L'étude doit retenir les matières susceptibles d'être stockées, et pas seulement celles présentes le jour du calcul. Si le nouveau preneur stocke des produits plus combustibles que ceux retenus (polymères ou aérosols, par exemple), l'étude ne couvre plus le site et doit être reprise, même si elle est récente. Le point est à vérifier dès la négociation du bail.

Faire réaliser votre étude des effets thermiques

MOSAIC Conseil réalise les modélisations FLUMILOG pour les exploitants, les foncières et les gestionnaires d'actifs logistiques, et accompagne leur intégration dans le dossier ICPE : caractérisation des distances d'effet, analyse des interactions avec l'environnement du site, définition des mesures lorsque les effets dépassent les limites, et articulation avec le dimensionnement de la défense incendie selon les référentiels D9 et D9A.

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Chris Bux, fondateur de MOSAIC Conseil

Chris Bux · Fondateur de MOSAIC Conseil

Ingénieur en génie chimique, spécialisé en Maîtrise des Risques Industriels aux Mines de Paris, il accompagne les exploitants et les propriétaires de sites industriels et logistiques dans leur conformité réglementaire.

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